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Morgon Cuvée Corcelette

2019
Rouge
France
Beaujolais
Morgon
47.75 $

Voir plus de formats

750ml
47.75
Disponible en SAQ

Avant de présenter ce flacon à un aréopage d’amateurs de vin, je leur demandais quelle opinion ils avaient du beaujolais, tout en me doutant bien sûr de la réponse. «Ouache! Pas pour moi, le beaujolais, encore moins le nouveau!» Je m’en doutais, mais quand même. L’injustice sera-t-elle réparée un jour? N’attendons pas ce jour et buvons, car ce vin nature de chez Foillard porte et emporte! Cette admirable parcelle dont nous avons ici même causé va droit au fruit, comme d’autres au coeur, avec cette ambition fruitée, florale et épicée qui ouvre le palais sans jamais vouloir le fermer tout à fait. L’assise tanique est perceptible, calfeutrée sous une sève riche, bien mûre, mais aussi fraîche et d’une expression très pure. C’est si bon que c’est à se demander qui a inventé le mot «préjugé»…

Auteur
Jean Aubry
Publication
Le Devoir
Date

Vinification

naturelle

Géologie

shistes

Élevage

en fûts

Revue de presse

Auteur
Patrick Désy
Publication
Le Journal de Montréal, Blogue Les Méchants Raisins
Date

À Villié-Morgon, Jean Foillard produit des vins d’exception avec la constance et la précision d’une montre suisse. Sa cuvée «Corcelette» 2018 le confirme à nouveau.

Salvadore Dali a dit: «pour faire un grand vin, il faut un fou pour s’occuper de la vigne, un sage pour superviser, un poète éclairé pour le vinifier et amoureux pour le boire». J’ajouterais qu’il faut une matière première saine. Un terroir noble. Et un vigneron aussi fou que méticuleux.

Si on parle strictement du vin – les qualités organoleptiques comme on dit dans le jargon – il faut d’abord de l’intensité. Puis de l’harmonie. Après, si le vin montre de la finesse, de la complexité, de la longueur (idéalement, toutes ces choses en même temps), vous tenez quelque chose entre les mains.

Mais il manque un ultime critère: le vin doit avoir un caractère singulier. Il doit transcender son origine sans la renier.

La cuvée «Corcelette» de Jean Foillard répond selon moi à tous ces critères.

Depuis le plus longtemps que je me rappelle l’avoir goûté la, le vin a toujours exercé une forme d’emprise sur moi. Il possède une énergie déstabilisante. Millésime après millésime, le vin se livre sans détour avec une grande minutie. En harmonie surtout avec les caractéristiques propres du millésime.

«Corcelette», c’est l’un des sept climats de Morgon. La parcelle se situe dans la partie nord du cru. Des vignes avec une moyenne d’âge de 80 ans évoluant sur des sols de gré sablonneux. Bio non certifié. Macération carbonique sur environ trois à quatre semaines. Élevé en vieux foudre de 30 hectolitres. Non filtré et très peu sulfité à la mise. Ça donne un 2018 riche et puissant (avec les changements climatiques, il faudra s’y habituer). Le fruité paraît néanmoins d’une fraîcheur impressionnante. Un peu de volatile à l’ouverture. Des tonalités de crise, de violette, de fraise chaude, de balsamique, de résine et de terre humide. Mariant concentration et acidité élevée, le vin conserve une élégance certaine. Exubérant tout en montrant de la retenue. Finale puissante, les tanins deviennent poussiéreux tandis que la densité et le velouté du fruit viennent accentuer l’harmonie du vin. C’est déstabilisant, mais c’est d’un équilibre fascinant. Une personnalité unique à Morgon. Finale longue et savoureuse avec, il faut s’y attendre, un côté capiteux qui rappelle les vins du sud du Rhône. Le vin s’est montré meilleur le lendemain après une longue aération. Signe supplémentaire d’un grand vin. À boire dès maintenant tout en sachant qu’il possède les atouts nécessaires pour passer quelques années en cave.

Profil

P’tit Jean pour les intimes, Jean Foillard reprend la propriété familiale en 1980 en compagnie de sa conjointe Agnès. À l’époque, le Beaujolais inondait le marché de vins sans âme produits à grands rendements. C’est sous le mentorat de Jules Chauvet, œnologue et pionnier des vins naturels, et l’impulsion de Marcel Lapierre que Jean Foillard, suivi de Jean-Paul Thévenet et Guy Breton, incarne le renouveau de la région en retournant aux sources: vignes cultivées sans chimie, raisins vendangés à maturité et triés avec soin, macération carbonique et vinifications à basse température sans soufre, levurage, chaptalisation ou filtration.

Au domaine, on ne trouve qu’un seul cépage, le gamay, en quelques déclinaisons d’appellations et crus, principalement implanté sur le magnifique terroir de la Côte de Py, l’un des plus prestigieux de la région.

Le style de Jean Foillard s’exprime dans des vins d’une richesse veloutée, structurés, profonds et complexes, qui se boivent si bien en jeunesse tout en ayant un joli potentiel de garde pour les meilleures cuvées.