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Cuvée réZin 2006 |
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Hubert Marsolais, créateur d’univers originaux et poétiques
Figure connue et respectée du milieu
de la restauration, Hubert Marsolais s’investit parallèlement
dans de nombreux projets artistiques. Une facette de sa
personnalité peut être moins connue, mais tout aussi
présente.
par Martine Boisvert
États créatifs
« Je me suis toujours intéressé à l’art, sous
toutes ses formes, depuis que je suis très jeune. »
C’est à la terrasse du Club Chasse et pêche, restaurant
dont il est copropriétaire avec son associé Claude Pelletier,
qu’Hubert Marsolais parle du milieu dans lequel il évolue.
« Mon intérêt pour l’art rejoint la restauration
à plusieurs niveaux. J’ai du plaisir à créer des
univers inusités et à y intégrer de multiples formes
artistiques, soit par le design, l’architecture, ou plus
directement par l’intégration d’œuvres
d’art. L’apport des collègues est aussi très
important : ils se greffent au moment opportun, apportent leurs
qualités, leur savoir-faire et rendent l’objet vivant.
»
Très tôt dans la carrière
d’Hubert Marsolais, la création artistique revêt des
formes variées. Assistant photographe, acteur, performeur,
commissaire d’exposition, il occupe divers rôles et parle de
chacun avec plaisir. « La performance physique, sous tous ses
aspects, m’a toujours séduit. » Passionné de danse
et d’art de la scène, il s’enthousiasme pour les
nouveaux objets théâtraux, formes métissées de la
performance. « Ce qu’Alain Platel, Thomas Ostermeier, Anne
Teresa De Keersmaeker et Pina Bausch font dans le domaine de la mise en
espace scénique et de la chorégraphie me passionne
profondément. Ils mêlent théâtre, danse, jeux et
performance et décloisonnent les disciplines. J’adore
ça. » Actuellement impliqué dans la création du
prochain spectacle de Brigitte Haentjens, metteure en scène pour
qui il a le plus grand respect, il dit être intéressé par
toutes les étapes qu’implique ce type de direction
artistique. L’aisance avec laquelle il conçoit divers projets
et sa facilité à rassembler des collaborateurs lui donne envie
d’exploiter ces qualités dans d’autres domaines que la
restauration. « Je pense que je comprends très bien le
processus créatif, et j’ai envie de me donner le temps de le
déployer. »


En Parallèle, Scene3no2, 2007
Les collectifs
Les collaborations sont significatives dans la démarche
d’Hubert Marsolais. En 2007 il participe au spectacle Je ne,
pièce de l’auteur et metteur en scène Daniel Danis,
présenté la même année à L’Usine C,
à Montréal. Avec l’équipe de création, il
travaille au développement de l’espace scénique, et
s’implique en tant que performeur. L’événement,
à la fois poétique, théâtral et exploratoire prend
la forme d’un espace déambulatoire créé autour du
texte de l’auteur.
La même année, il collabore à la
réalisation d’un film du collectif montréalais BBT
intitulé En Parallèle, en collaboration avec sa compagne
Marie-Ève Nadeau. À partir de la chorégraphie,
Marie-Ève et Hubert développent une forme de narration autour,
notamment, des thèmes de l’isolement et du confinement. Le
film est présenté en 2007 aux Rendez-vous du cinéma
québécois, ainsi qu’à la Société des Arts
Technologiques sous forme d’installation vidéo.
Présentement et toujours en collaboration
avec Marie-Ève Nadeau, Hubert Marsolais achève un
court-métrage inspiré du film Story of Jen, œuvre du
réalisateur François Rotger. « Au départ, on voulait
faire un making of, qui est finalement devenu un petit film avec une vie
en soi. L’ensemble mêle fiction et documentaire. On a
interrogé l’équipe impliquée (autant acteurs que
metteurs en scène ou figurants) sur les thèmes abordés
dans le film : les filles-mères, la sexualité
adolescente… C’est devenu un petit film sur la jeunesse et
l’héritage familial. »
Hubert s’est aussi impliqué en tant
que vidéaste lors de défilés de mode de Renata Morales,
pour lesquels il a réalisé à deux reprises les
projections diffusées durant l’événement.
Directement inspiré du style à la fois artisanal, audacieux et
coloré de la designer, il signe une œuvre originale où
lumière, formes et mouvements sont mis de l’avant.
La grande boucle : l’étiquette et
son histoire En 2007, John Ledwell, un très bon ami de
l’équipe du Club, décède lors d’un voyage de
pêche à l’Île-du-Prince-Édouard. Avant
même de prendre le large le premier matin, il meurt sur le quai,
foudroyé par un arrêt cardiaque. Très touché par
cette perte, Hubert rend hommage à un ami. « Je pense
souvent à John. Par ce projet photographique, j’ai voulu
illustrer l’idée de la boucle, de la continuation, et
représenter une forme d’intemporalité. Le personnage se
dirige vers un autre astre, qui pourrait être la lune, ou un autre
soleil. Le paysage est lunaire, un peu abstrait. L’arbre
fossilisé d’or est cristallisé dans le temps. »
À la fois simple, narrative et mystérieuse, l’image
devenue étiquette donne le ton à l’ensemble. « Je
suis content d’avoir eu la liberté de travailler le graphisme
de la bouteille et d’avoir pu développer l’objet dans
sa globalité. C’était important pour moi parce que comme
je ne suis pas un artiste visuel, l’aboutissement d’une
idée sensible me tenait beaucoup à cœur. »
Les projets Lorsque le sujet des plans
futurs est abordé, les idées fusent! « J’ai toutes
sortes de projets d’écriture et de petits films, et quelques
idées de design d’objets. Le prochain grand projet concerne
la restauration. Ça fait deux ans qu’on travaille
là-dessus. Je crois qu’on est en train de développer
quelque chose d’unique, dans un contexte parfait; on se fait
vraiment plaisir. » Hubert Marsolais souhaite également
cumuler les apprentissages multiples, qu’ils soient d’ordre
technique ou artistique. « Je suis un genre de dilettante. Il y a
tellement d’affaires qui m’intéressent, j’essaie
de les attraper au vol. J’apprends vite, et j’adore ça.
Cependant, ça a le défaut de ses avantages : je me retrouve
à faire un paquet de choses en surface. Mais je veux continuer
à élaborer des projets, à rassembler des gens que
j’aime et à travailler avec eux, en prenant le temps de le
faire. » Hubert possède une vision très affinée de
sa carrière actuelle et de la direction qu’il désire lui
donner. Il envisage les années à venir avec un optimisme
lucide. « Pleins de projets vont se présenter, et
j’aurai l’occasion de les mener à bien. Je pense que ce
sera une période formidable. »
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